Face à une réforme profonde du chômage qui menace l’équilibre du statut d’artiste, le secteur des musiques actuelles se mobilise.
Ce statut d’artiste vise à reconnaître les métiers artistiques dans leur diversité, en intégrant des droits adaptés et un cadre plus cohérent pour les artistes professionnels et en devenir.
Une réforme du chômage qui jette le trouble
En mars 2025, une nouvelle annonce du ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval, a ravivé les tensions : une réforme du chômage prévoit l’exclusion de plus de 100 000 chômeurs de longue durée. Or, de nombreux artistes pourraient se retrouver directement concernés.
Une réaction claire de la ministre de la Culture
Interrogée lors de la séance plénière du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 27 mars, la ministre de la Culture Élisabeth Degryse (Les Engagés) a tenu à rassurer le secteur :
« Pas touche au statut d’artiste. C’est une ligne rouge. »
Elle a affirmé qu’elle s’opposera à toute mesure fédérale qui viendrait démanteler ce régime spécifique, essentiel à l’équilibre professionnel des artistes. Elle a également déclaré avoir immédiatement alerté ses relais au niveau fédéral dès qu’elle a eu connaissance de l’avant-projet.
Des impacts majeurs sur les musiques actuelles
Le secteur des musiques actuelles, déjà fragilisé par des contraintes budgétaires, fait face à un risque de précarisation généralisée :
- Pour les artistes : perte de sécurité financière, réduction du temps de création, abandon de carrières.
- Pour les lieux de concerts : difficultés de programmation, hausse des coûts, réduction de l’offre artistique.
- Pour le public : diminution de la diversité culturelle, hausse possible des prix, raréfaction des concerts.
C’est tout l’écosystème – salles, festivals, labels, publics – qui se trouve menacé à court terme.
Un appel à l’unité : mobilisons-nous le 31 mars
En tant que fédération professionnelle représentative des musiques actuelles en Wallonie et à Bruxelles, Court-Circuit se joint au bloc socio-culturel pour soutenir la grève nationale du 31 mars. Nous défendons des réformes pour notre secteur cohérentes, protectrices et adaptées à la réalité de nos métiers.
Cette mobilisation est cruciale pour :
- rappeler l’importance du secteur culturel dans notre société,
- défendre un cadre juste et viable pour les travailleuses et travailleurs des arts,
- exiger une concertation réelle avec les fédérations représentatives.
Modalités administratives et droit de grève
La CESSoC précise que le 31 mars est une journée d’absence autorisée mais non rémunérée par l’employeur. Les travailleur·euses concerné·es par cette action peuvent bénéficier d’une indemnité de grève, à condition d’annoncer leur participation. Cette disposition couvre également les travailleur·euses en pauses commençant la veille au soir (30 mars) ou se terminant dans la nuit du 31 mars au 1er avril.